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Le sujet : En 1945, les armées américaine et japonaise s'affrontèrent sur l'île d'Iwo Jima.
Quelques décennies plus tard, des centaines de lettres de soldats japonais furent extraites de cette terre aride, permettant enfin de donner un nom, un visage, une voix à ces hommes ainsi qu'à leur commandant, le général Kuribayashi, qui exploita ingénieusement la nature du terrain, transformant ainsi la défaite éclair annoncée en 40 jours d'héroïques combats.
Ce qu'on en dit : La bataille d'Iwo Jima fut très éprouvante pour les soldats, tant américains que japonais. Le général Kuribayashi avait transformé son île en une véritable forteresse, à l'aide de dizaines de kilomètres de galeries souterraines par lesquelles les Japonais pouvaient circuler sans risques. Le 16 février 1945, les États-Unis lancèrent une attaque navale et aérienne de grande ampleur contre l'île. Le 26 mars, les américains avaient subi 25 000 pertes dont 7 000 morts, du côté nippon il ne resta que 1083 survivants sur les 22 000 défenseurs de l'île...
Tourné juste après "Mémoires de nos pères", montrant quant à lui le point de vue des Américains, "Lettres d'Iwo Jima" relate à travers le point de vue japonais la bataille sanglante d'Iwo Jima. Ce film constitue donc le second volet du dyptique avec une distribution et des dialogues presque exclusivement japonais.
Et si "Mémoires de nos pères" est un pur exercice de guerre en mouvement où les soldats croient qu'ils vont survivre, "Lettres d'Iwo Jima" est un grand moment d'attente, où tous les soldats se préparent à mourir.
La mise en scène de Clint Eastwood adopte donc des mouvements très lents, avec des élans contemplatifs et l'utilisation de clairs-obscurs qui nous remettent dans les conditions de vie de ces soldats condamnés à attendre la mort dans des souterrains.
L'excellente idée scénaristique de "Lettres d'Iwo Jima" est l'utilisation du recueil "Picture Letters from Commander in Chief" qui rassemblait les lettres du Général Kuribayashi adressées à sa famille. Ces lettres humanisent terriblement le propos du réalisateur : se sachant condamnés, les écrits de ces hommes sacrifiés laissent transparaître une grande élégance morale et non plus simplement un esprit patriotique fanatique. Et le boulanger Saigo incarne un esprit critique salvateur qui reprend bien le thème récurrent développé dans "Mémoires de nos pères" : l'absurdité de la guerre, le sacrifice de la jeunesse des deux côtés des combattants.
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