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Le sujet : Le 23 février 1945, au cinquième jour de la sanglante bataille d'Iwo Jima au Japon, cinq Marines et un infirmier de la Navy hissent ensemble le drapeau américain au sommet du Mont Suribachi, tout juste repris aux Japonais.
Le cliché immortalisant cet instant devient légendaire en l'espace de quelques jours. Pour mettre à profit cet engouement, les "porte-drapeaux" encore vivants sont rapatriés. Leur nouvelle mission : servir leur pays en vendant des bons qui financent l'effort de guerre.
Si les soldats dûment mandatés se prêtent au jeu avec dévouement, en leur for intérieur, une autre bataille se livre...
Ce qu'on en dit : Il faut savoir que la bataille d'Iwo Jima fut très éprouvante pour les soldats, tant américains que japonais : les américains subirent 25 000 pertes dont 7 000 morts, du côté nippon il ne resta que 1083 survivants sur les 22 000 défenseurs de l'île...
Pour en parler, Clint Eastwood s'est doublement inspiré :
d'une part, il a utilisé une photographie mondialement connue de Joe Rosenthal, journaliste américain de l'Associated Press (6 soldats américains hissant le drapeau sur l'île japonaise d'Iwo Jima) qui a été reproduite sur des millions de posters, de timbres, des milliers de panneaux d'affichage et a fait l'objet d'une sculpture monumentale réalisée en 1954.
D'autre part, il s'est servi du livre de James Bradley, fils d'un des soldats représentés sur la photographie, qui a écrit sur le sujet pour comprendre pourquoi son père gardait le silence sur cette période de sa vie et qui a réalisé peu à peu que personne ne connaissait l'arrière-plan humain de la photographie.
Le film de Clint Eastwood est une pure réussite tant sur le plan de la reconstitution historique que sur la direction d'acteurs. Ainsi, misant sur l'effet de surprise, Clint Eastwood n'informa pas toujours ses acteurs de l'endroit et du moment exacts où les explosions se produiraient. Les comédiens, constamment pris de court, réagissaient fatalement avec réalisme.
La mise en scène est pratiquée par le réalisateur sur le même principe "d'effet de surprise" : elle oblige le spectateur à rester sur le qui-vive constamment car il est difficile en effet de se repérer entre tous les personnages présents sur le champs de bataille, compliqué parfois de comprendre l'enchaînement des actions puisque le découpage est non chronologique et revient plusieurs fois sur des scènes déjà montrées, dans un ordre qui semble alléatoire. Mais cette anarchie de la chronologie participe à notre impression qu'il est difficile de réfléchir ou de prendre du recul lors d'une bataille telle que celle d'Iwo Jima.
Finalement Clint Eastwood utilise son scénario avec finesse et nous donne des clés pour comprendre ce que peut être l'héroïsme lors du chaos qu'est une guerre. Les êtres humains broyés par la machine de guerre restent cependant pour la plupart soudés par une même envie : aider leurs partenaires et tenter de survivre auprès de leurs camarades. Personne ne peut sortir indemne d'une telle expérience ou la partager réellement avec ceux qui ne l'ont pas vécue. On comprend la souffrance des survivants qui culpabilisent pour tous ceux qui ne sont pas rentrés, on compatit sur leurs difficultés à réintégrer un monde parfois bien superficiel.
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