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Le sujet : Liège, Belgique, aujourd'hui. Des hommes décident d'aller chercher l'argent là où il se trouve, dans la poche d'autres, car ils pensent qu'ils en ont le droit. Chacun a ses raisons, chacun choisit son camp.
Ce qu'on en dit : "La raison du plus faible" est un film pudique qui dépeint un monde en manque d'argent avec un regard juste.
Si le film est aussi poignant, c'est d'une part parce que le cinéaste s'est immergé dans l'univers qu'il décrit, celui des ouvriers belges. A propos de son souci de dépeindre ce milieu avec honnêteté, il note : "A aucun moment, on est au-dessus de ce que peuvent avoir les gens dont on parle. Leur dignité est aussi dans leur intérieur. Même si ce n'est pas riche, c'est propre et bien tenu. Le film se passe à Liège et les gens qui vivent dans les quartiers où on a tourné sont sociologiquement ce que sont les personnages."
D'autre part, le film décrit les personnages et les situations sans les juger et le spectateur ne tarde pas à comprendre les réactions de ces hommes. Cependant le réalisateur nous laisse tout de même le choix de penser en terme de "bien" ou "mal" en laissant Marc, le "spécialiste du braquage", les mettre en garde. Mais pourtant, dans cette histoire de hold-up, on ressent, avec les personnages, une exaltation bien compréhensible : tout à coup, le rêve redevient possible. Et on espère que leur entreprise va réussir, pour les libérer du fatalisme et de la déprime ambiante.
En conclusion, le cinéaste (qui s'est inspiré d'une histoire vraie) dresse un sombre état des lieux de la société contemporaine et décrit une société actuelle peu solidaire, qui semble accepter que les plus fragiles soient obligés de se débrouiller eux-mêmes. Lucas Belvaux montre des gens qui ne croient plus en la démocratie, qui renoncent à l'idée de revendication, d'action commune pour aller vers une économie parallèle, souterraine : l'exemple du film est le braquage, mais il pourrait aussi s'agir de deals, de détournements de fonds....
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