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Le sujet : L'héritier du trône d'un émirat arabe, le Prince Nasir, réformiste et progressiste, souhaite accorder les droits de forage de gaz naturel à une compagnie chinoise, au détriment du géant texan Connex Oil.
Cette décision va influencer le cours de la vie d'un certain nombre d'individus : Barnes (agent de la CIA), Benett Holiday (avocat), Bryan Woodman (expert en ressources énergétiques) ou Wasim (ouvrier pakistanais de la Connex).
Ce qu'on en dit : Syriana est un film choral (70 rôles parlants...), sur les luttes de pouvoir et d'influence dans l'industrie pétrolière.
La grande réussite de Stephen Gaghan dans Syriana est l'utilisation d'un scénario complexe, avec une narration où les personnages évoluent comme dans la vie : il n'y a ici ni bons ni méchants, les intrigues ne débouchent pas sur une morale édifiante, et les questions restent ouvertes....
Pour prendre plaisir à regarder ce film, il faut donc accepter de se sentir parfois un peu perdu, d'essayer de démêler les intentions de chacun au fur et à mesure de l'intrigue.
Si le film a une grande dimension politique (le point de départ de Syriana est un livre-témoignage de Robert Baer, agent de la CIA en fonction au Moyen-Orient de 1976 à 1997), il a l'avantage de changer de "focale" pour passer du général au particulier et donc nous mettre en situation réelle.
En effet, le film projette des gens ordinaires (tous très bien interprétés) dans des situations extraordinaires et permet ainsi d'illustrer l'idée que la responsabilité personnelle n'est pas un vain mot, et que nos choix quotidiens contribuent à la situation globale. C'est en suivant les vies quotidiennes de ces personnages que nous pénétrons un monde qui peut sembler abstrait et tentons de dénouer l'écheveau des intérêts pétroliers, du terrorisme et de l'émergence de la démocratie au Moyen-Orient et de leur incidence très réelle sur notre économie ou sur les comportements individuels. Par exemple, Stephen Gaghan décrit en détail le processus qui conduit à un acte terroriste au travers de l'histoire de Wasim, le jeune ouvrier.
Syriana désigne, dans la langue des tacticiens de Washington, un très hypothétique remodelage politique du Moyen-Orient. Stephen Gaghan nous montre dans son film le mirage d'une telle idée et ses conséquences dans un monde où se conjugent l'ambition effrénée de l'homme et son orgueil démesuré.
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