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Le sujet : Haïti, une plage, un hôtel, ses paillottes, ses cocotiers. Des américaines d'une cinquantaine d'années en mal de tendresse et de sexe. Et Legba, jeune et beau comme un dieu...
Ce qu'on en dit : "Vers le Sud" met en regard la misère sociale des uns et la misère sexuelle des autres et observe ce qui peut se passer à la confluence des deux.
Mais attention, "Vers le Sud" n'est pas un film raccoleur sur le tourisme sexuel et les interdits conscients ou inconscients de notre société (désir féminin après 50 ans, prostitution masculine, couples constitués de femmes blanches et d'hommes noirs, de femmes âgées et d'hommes jeunes...) : ici, tout le monde y trouve son compte et ce n'est pas un film "choc" que Laurent Cantet nous montre.
Entre ces hommes et ces femmes, il y a un vrai échange, même si la donne de départ n'est pas naturelle.
Laurent Cantet nous livre un film subtil (avec des acteurs excellents) qui, outre la question du rapport au corps, du désir et de la sexualité, fait une incursion dans le politique en évoquant en filigrane la dictature, la violence sociale, les rapports nord/sud.
Cependant le réalisateur cantonne volontairement les enjeux politiques en arrière-plan : il nous renvoie par exemple, en tant que spectateur, à un sentiment d'insécurité propre au statut d'étranger dès que nous sortons du lieu paradisiaque et protégé de l'hôtel. Et de fait, les deux univers décrits (l'hôtel et Haïti) ont de faibles interférences. Ce choix cinématographique relève d'un réalité évidente : certes il y a ici un refus occidental de prendre en considération le monde environnant mais les touristes restent aussi des fantômes isolés du réel pour les habitants de l'île. Une imperméabilité réelle. Et triste ?
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