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Le sujet : Eté 1990. La Guerre du Golfe vient d'éclater. Le bataillon de Marines auquel appartient Anthony Swofford est parmi les premiers à se déployer dans le désert saoudien.
Commence alors la longue attente de l'ennemi.
Ce qu'on en dit : Le film de Sam Mendès est adapté du livre d'Anthony Swofford, publié aux Etats-Unis en 2003, où l'ancien marine y raconte ses expériences pendant l'opération Tempête du désert, lors de la première guerre du Golfe.
Si vous vous attendez à un film de guerre "classique", vous allez être surpris car Sam Mendès a réalisé un film très subjectif, avec un récit de guerre vu à travers les yeux d'un homme sur le terrain, à la recherche de lui-même : il y a un mélange de machisme, d'humour, de situations surréalistes, d'observations politiques qui peuvent laisser perplexes les amateurs de films d'action.
Sam Mendès parvient à nous tenir en haleine en filmant des riens, du vide et de l'ennui. Les jarheads (littéralement "tête de jarre", nom que se donne les Marines entre eux. Le mot renvoie à la coupe de cheveux qui leur confère une allure si caractéristique.) sont interprétés magistralement par des acteurs qui ont des "gueules". Ils sont époustouflants car humains : leur obsession d'aller casser de l'irakien, leur violence contenue à force d'attendre et de rester entre hommes ne sombre pas dans la caricature et des petits "détails" les rendent attachants et parfois surprenants.
Si les tensions, la violence sont aussi bien rendues, il faut également saluer les choix de cadrage de Sam Mendes : chaque scène démarre par un plan rapproché de Swofford pénétrant en un lieu donné, agissant ou observant. C'est à partir de lui que l'ensemble du film s'articule, "au ras du sol", puisque nous ne voyons à l'écran que ce que lui et ses camarades sont en mesure de voir. Cette volonté de Sam Mendès de rester à hauteur d'homme nous fait partager l'interminable attente subie par Swofford et son unité, leur incapacité à pouvoir juger la situation dans sa globalité et à prendre du recul : en tant que spectateur, on parvient presque à se réjouir du moment où, enfin, un snipper peut tirer...
Et, du coup, Sam Mendes nous pousse à méditer sur la propre violence qui pourrait nous animer si nous devions un jour vivre ce genre de situations.
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