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Le sujet : Né en Ukraine et ayant émigré aux Etats-Unis avec ses parents et son frère, Yuri décide d'utiliser son talent de fin négociateur pour se faire une place dans le trafic d'armes.
Ce qu'on en dit : Andrew Niccol signe un film explosif et très bien documenté : le personnage de Yuri est inspiré de 5 véritables trafiquants d'armes, et presque tous les événements du film ont un précédent réel (ainsi des hélicoptères militaires ont bien été vendus comme des engins destinés à des interventions de secours, des stocks d'armements militaires soviétiques ont bien été pillés après la chute de l'URSS...).
De plus les chiffres de "Lord of war", déjà alarmants, sont en dessous de la vérité car ils datent déjà de plusieurs années (époque à laquelle le script fut écrit) : il n'y a pas une arme pour douze personnes sur la planète mais presque une pour dix !
Il faut souligner qu'Andrew Niccol a eu du mal à produire son film (et il suffit de voir la conclusion pour comprendre pourquoi les studios américains ont été réticents à produire un tel film) et qu'il est parvenu à ses fins grâce à un producteur français, Philippe Rousselet (fils d'André Rousselet, le fondateur de Canal +).
Cependant si le film d'Andrew Niccol est aussi fort, il ne doit pas tout au sujet et à sa documentation : le réalisateur a une capacité à créer des images et un rythme efficace. Dès les premières images, on prend le film en pleine tête.
De plus Andrew Niccol déploie son sujet avec audace, sans jamais utiliser des techniques douteuses (par exemple, "je vous montre le mal mais le mal sera puni, notre conscience sera sauve") et avec la grande intelligence de replacer peu à peu l'action de Yuri sur le grand échiquier mondial du trafic d'armes.
Enfin, le personnage (joué brillamment par Nicolas Cage), complètement immoral et antihéros maléfique, fascine par sa capacité à nier totalement sa responsabilité dans les bains de sang perpétrés grâce aux armes qu'il vend. Et la conclusion du film nous montre comment, en tant que français, notre propre comportement se rapproche de celui de Yuri et comment notre capacité à fermer les yeux est inouïe. Un film qui frappe en plein coeur.
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