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Le sujet : Memphis, Tennessee. Producteur de légende, Alan est un des rares blancs à avoir produit de la soul dans les années 60. Beaucoup plus jeune et fraîchement débarquée de sa Russie natale, Laura passe l'essentiel de son temps à s'occuper de leur jeune fils.
Une soirée "hommage" à Alan et l'arrivée de Michael (le fils aîné d'Alan) pour cette occasion vont être le point de départ d'un nouveau regard de Laura sur son couple.
Ce qu'on en dit : Dans ce film, le réalisateur (Ira Sachs) part d'un trio de personnages qui pourraient promettre de vivre des situations caricaturales (l'émigrée russe, jeune et belle qui a épousé le producteur américain bien plus vieux, bien plus désabusé et pas très fidèle, le fils aîné qui a besoin de la reconnaissance d'un père bien plus célèbre et bruyant que lui) et il parvient à faire tomber peu à peu nos préjugés pour nous pousser à percevoir au-delà des premières impressions.
Ira Sachs parvient à dépeindre de façon subtile et délicate ses personnages. Laura dégage une vulnérabilité, une franchise et une façon de réagir touchantes. Invisible pour son père, empêtré dans sa vie de couple, Michael est fragile et paumé. Quant à Alan, son charisme, son autorité, sa brutalité et sa lourdeur masquent aussi ses zones d'ombre et une certaine sensibilité.
"Forty shades of blue" est un film de nuances, construit par petites touches : les protagonistes qui évoluent sous nos yeux finissent par être attachants et impossibles à juger. Et la finesse d'écriture de ce film nous tient jusqu'au bout dans une incertitude de jugement, dans une vision nuancée de bleus à l'âme.
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