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Le sujet : Paris, 1912. Gabrielle est la femme de Jean, une femme du monde, qui maîtrise parfaitement l'art de recevoir. Gabrielle et Jean forment un couple à qui tout réussit et leur existence est de celles qu'on envie.
Mais une lettre écrite par Gabrielle à Jean va soudain dérégler l'horloge parfaitement synchrone de leur vie de couple. Et si l'autre était juste un parfait inconnu ?
Ce qu'on en dit : "Gabrielle" est inspiré d'un récit de Joseph Conrad.
Patrice Chéreau en a fait un scénario dense aux allures théâtrales, qui décrit avec précision les moeurs des gens riches du début du XXème siècle. Il filme un monde saturé d'obligations, de paroles mondaines ou futiles. Il nous montre la folie de ces deux êtres, mariés depuis dix ans, n'ayant jamais pensé à aimer et en ayant même oublié qu'ils avaient un corps.
Pour percevoir tous les non-dits, les détails de cet abîme du couple, Patrice Chéreau réalise ici un film très stylisé , avec des partis pris esthétiques évidents : passage du noir et blanc à la couleur, ralentis, images arrêtées, commentaire de l'action à l'aide de cartons écrits, ces mêmes cartons pouvant aussi faire entendre certaines phrases du dialogue.
La violence de cette guerre psychologique, de cette prison dorée où deux corps se découvrent et se haïssent est un thème très souvent évoqué au cinéma. Et pourtant Patrice Chéreau réussit à capter quelque chose de l'ordre de l'insaisissable grâce à sa façon très particulière de filmer cette sourde lutte dont personne ne sort indemne.
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