|
Le sujet : Deux voleurs de voitures. Un serrurier mexicain. Des inspecteurs de police et des policiers. Une femme au foyer et son mari. Un réalisateur. Tous vivent à Los Angeles.
Eux et beaucoup d'autres ne se connaissent pas, leurs vies n'auraient jamais dû se croiser.
Pourtant, dans les prochaines 36 heures, leurs destins vont se rencontrer, révélant ce que chacun voulait cacher ou ne pas voir...
Ce qu'on en dit : "Collision" est un film chorale. Evidemment, comme tous les films chorale avec multitudes de personnages (Collision se rapproche notamment de "Short Cuts" ou "Magnolia"), le risque de se perdre dans les méandres des destins croisés et de ne s'intéresser finalement à aucun des personnages est grand.
Mais Paul Haggis a un fil conducteur (l'intolérance et la compassion) et il le déroule subtilement. Tout d'abord, Paul Haggis crée une ambiance de "grande ville" où tous les personnages se heurtent aux murs de leur solitude et développent des réflexes pour se protéger de leurs peurs : réflexes de race et de classe sociale. On comprend parfaitement pourquoi les personnages en sont là où on les croise : leur réussite sociale et / ou leur couleur de peau les ont façonnés.
Ensuite Paul Haggis nous surprend par la tournure pris par les évènements et certains personnages dévoilent une facette de leur caractère ignorée d'eux (ou de nous-mêmes). Les réactions des uns et des autres face aux évènements ne sont pas prévisibles.
Enfin il ne s'agit pas ici de parler de "rédemption" des personnages : simplement leur entrée en collision avec d'autres les obligent à réagir et, après coup, pourquoi pas à devenir plus tolérants ou plus compréhensifs face aux réactions des autres.
Paul Haggis réalise donc un film d'une grande finesse où l'émotion nous gagne peu à peu : on finirait presque par croire qu'une cape "parre-balle" pourrait nous protéger des armes à feu, comme en est convaincue un des personnages du film...
|
|
|
|